Le choix des sciences / Brillat-Savarin ( 1755-1826)

 

(Se chante sur l’air du vaudeville de Figaro) / Chapitre XXIV Poétique

 

J’ai quitté l’astronomie,

Je m’égarais dans les cieux ;

Je renonce à la chimie

Ce goût devient trop coûteux.

Mais pour la gastronomie

Je veux suivre mon penchant

Qu’il est doux d’être gourmand !

Jeune, je lisais sans cesse ;

Mes cheveux en sont tout gris :

Les sept sages de la Grèce

 

Ne m’ont pourtant rien appris.

Je travaille la paresse ;

C’est un aimable pêché,

ah!comme on est bien couché !

J’étais fort en médecine

Je m’en tirais à plaisir :

Mais tout ce qu’elle imagine

   

Ne fait qu’aider à mourir.

Je préfère la cuisine,

c’est un art réparateur.

Quel grand homme qu’un traiteur !

Extraits de la physiologie du goût

 

"Le nombre des saveurs est infini car tout corps soluble a une saveur spéciale qui ne ressemble à aucune autre".

 

Les saveurs se modifient en outre par leur agrégation  simple, double, multiple; de sorte qu'il est impossible d'en faire le tableau, depuis la plus attrayante jusque la plus insupportable depuis la fraise jusqu'à la coloquinte.

....il existe des séries indéfinies de saveurs simples qui peuvent se modifier par leur adjonction réciproque en tout nombre et en toute quantité. Il faudrait une langue nouvelle pour exprimer tous ces effets, et des montagnes d'in-folio pour les définir, et des caractères numériques inconnus pour les étiqueter.

...ceux qui viendront après nous en sauront davantage et il n'est déjà plus permis que la chimie ne leur révèle les causes ou les éléments primitifs des saveurs

 Influence de l’odorat sur art culinaire

Pour moi,( Brillat-Savarin), je suis non seulement persuadé, que sans la participation de l’odorat, il n’y a point de dégustation complète, mais encore je suis tenté de croire que l’odorat et art culinaire ne forme qu’un seul sens, dont la bouche est le laboratoire et le nez la cheminée, ou pour parler plus exactement, dont l’un sert à la dégustation des corps tactiles et l’autre à la dégustation des gaz. Tout corps sapide est nécessairement odorant ce qui le place dans l’empire de l’odorat comme dans l’empire du goût

Méditat1: les sens

L'odorat au moyen duquel nous flairons les odeurs des corps qui en sont doués;

Le goût, par lequel nous apprécions tout ce qui est sapide ou esculent

 Mécanique du goût:

...certes la langue joue un grand rôle dans le mécanisme de la dégustation car, considérée d’une force musculaire assez franche, elle sert à gâcher, retourner, pressurer  et avaler les aliments. De plus, au moyen des papilles plus ou mois importantes dont elle est parsemée, elle s’imprègne  des particules sapides et solubles des corps avec laquelle elle se trouve ne contact; mais tout cela ne suffit pas...les joues, le palais et surtout la fosse nasale, sur laquelle les physiologiste n'ont peut-être pas assez insisté....et sans l'odoration qui s'opère dans l'arrière bouche, la sensation du goût serait obtuse et tout à fait imparfaite..

On a vu que la sensation du goût résidait principalement dans les papilles de la langue .Or, l'anatomie nous apprend que toutes les langues n'en sont pas également munies; de sorte qu'il en telle où l'on en trouve trois fois plus que dans telle autre. cette circonstance explique pourquoi de deux convives assis au même banquet, l'un est délicieusement affecté, tandis que l'autre a l'air de ne manger que comme contraint: c'est que ce dernier a la langue que faiblement outillée, et que l'empire de la saveur a aussi ses aveugles et ses sourds.

 

" Le plaisir de la table est de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les pays et de tous les jours;

il peut s'associer à tous les autres plaisirs et reste le dernier à nous consoler de leur perte"

 

Extrait de la physiologie du goût

A. Brillat-Savvarin

 

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Rédaction O.Renaudin